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Securitas France : « Ethique et technologie permettent de créer de la valeur ajoutée »

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Securitas France : « Ethique et technologie permettent de créer de la valeur ajoutée »

Message par Cixot le Dim 16 Nov - 15:05

Securitas France : « Ethique et technologie permettent de créer de la valeur ajoutée »

Le
1er janvier dernier, Securitas a entamé un nouveau cycle de croissance
qui le mènera jusqu’en 2010. La nouvelle stratégie consiste à
concentrer les compétences par la spécialisation chaque fois que cela
est possible et cela commence dès le 1er janvier 2008 dans les secteurs
de la distribution et des industries à hauts risques.
En effet, afin de mieux répondre aux attentes du marché, ce spécialiste
de la sécurité privée par agents a pour objectif de mettre à la
disposition de ses clients, en plus de son réseau d’agences régionales,
des prestations spécifiques adaptées à leurs besoin

Alarmes,
Protection, Sécurité : Dans le communiqué remis à la presse lors de
l’annonce de la réorganisation de Securitas France, vous évoquez un
nouveau cycle de croissance devant vous mener jusqu’en 2010. Hormis la
spécialisation et le nouveau découpage régional, ce cycle prévoit-il
des opérations de croissance externe vous permettant d’acquérir de
nouvelles compétences ? De proposer des prestations spécifiques ?
Michel Mathieu :

« Notre position sur la croissance externe a évolué depuis 2 ans. Si
nous sommes toujours ouverts à des opérations de ce type, nous
privilégions actuellement le regroupement de nos compétences et la mise
en place d’un nouveau découpage régional. Il n’en reste pas moins vrai
que des acquisitions ayant un réel intérêt géographique ou qui nous
permettraient – via le rachat de petites entreprises – d’acquérir une
ou des compétences particulières, comme ce fut le cas lors du rachat de
Protection Service en 2007, sont toujours possibles. Pour en revenir à
ce nouveau découpage, hormis les entités dédiées aux marchés des
industries à hauts risques et de la distribution, nous travaillons à la
mise en place de structures équivalentes pour d’autres marchés qui se
développent beaucoup et où les besoins en surveillance humaine sont
importants. Je pense à la logistique en raison de la position
géographique de la France qui en fait un véritable nœud pour le
transport en Europe. On peut également citer les besoins en
maîtres-chiens. Ce marché requiert des compétences qui sont loin d’être
acquises par beaucoup. Il va nous falloir mettre en place une structure
à même de proposer formations et certifications, tout en s’appuyant sur
les métiers repères ».

APS : Comment expliquez-vous ce retour en grâce du maître-chien dans
un métier où la technique occupe une place de plus en plus grande ?
Michel Mathieu :
«
Depuis une dizaine d’années, on nous a dit qu’il faut de plus en plus
de systèmes électroniques et de moins en moins d’agents. Mais, on le
constate tous les jours, il y a de plus en plus d’électronique et de
plus en plus d’agents. Cela s’explique, tout d’abord, par l’évolution
de la criminalité. Le transport de fonds est de moins en moins attaqué,
par exemple. Les risques, d’une manière générale, ont été transférés
vers d’autres marchés comme la chaîne logistique où les besoins en
surveillance – et plus particulièrement en maîtres-chiens – sont
croissants. Chez Securitas, nous pensons donc que dans les années à
venir les besoins de ce type vont croître ».

APS : Quelles ont été les grandes évolutions du marché français ces
dernières années ? Quels en sont les nouveaux enjeux ? En quoi se
différencie-t-il des autres marchés européens ?
Michel Mathieu :
«
Il existe plusieurs types de marchés en Europe. Les pays scandinaves
sont très matures, professionnels et structurés. En Espagne ou au
Portugal, il existe des groupes très importants qui dominent le marché
de la surveillance humaine. Les trois ou quatre premiers y représentent
80 % du marché. La France et l’Allemagne sont dans une situation
intermédiaire. Ces marchés se caractérisent encore par une certaine
désorganisation. Les pouvoirs publics, les syndicats professionnels et
les opérateurs tentent de les professionnaliser. Mais le marché reste
soumis à une forte pression économique. Il est donc impératif de
renforcer la législation encadrant la sécurité privée. Il faut aider la
profession à se contrôler pour aller vers plus de professionnalisme.
Les Etats veulent se concentrer aujourd’hui sur leurs missions
régaliennes. C’est normal. Mais ils ont besoin de relais sur le terrain
qui soit leurs yeux et leurs oreilles. C’est l’une des missions de la
surveillance humaine. Ils doivent donc l’organiser et la contrôler.
Certaines choses vont déjà dans le bon sens. Je pense au Certificat de
qualification professionnelle (CQP) ou aux métiers repères *. Enfin, la
mise en place de la garantie financière qui rend obligatoire la caution
financière avant de créer une société de sécurité privée est aussi un
pas dans la bonne direction ».

APS : Comment crée-t-on de la valeur ajoutée aujourd’hui dans les métiers de la sécurité privée ?
Michel Mathieu :

« Il y a selon moi trois axes à travailler. Le premier est
malheureusement évident en France. Il consiste déjà à respecter les
lois et les réglementations en place. C’est peut être une lapalissade
de le dire mais rappelons que 20 à 25 % des acteurs de la profession
ont des pratiques illégales. Le deuxième est celui de la formation.
Certains agents n’ont jamais été formés à gérer certains publics. Ils
font plus peur qu’autre chose et ils sont, en outre, confrontés à des
outils de plus en plus complexes. Le dernier axe découle du précédent.
C’est en proposant aux clients des outils techniques maîtrisés et
exploités correctement et efficacement que l’on peut aussi créer de la
valeur ajoutée. C’est par exemple ce que nous proposons avec notre
gamme Ariane ».

APS : Vous parlez beaucoup de spécialisation, d’approfondissement
des compétences. Concrètement, qu’est-ce que ces termes recouvrent ?
Par ailleurs, impliquent-ils un abandon de certaines activités ?
Michel Mathieu :
«
L’application de cette volonté est la création de l’Ecole Securitas qui
vient d’être déployée en région, dans 10 centres. Nous y avons investi
plus de 5 millions d’euros et 50 personnes s’y consacrent à plein
temps. D’une manière, pour être sûr de maîtriser la formation de nos
agents, nous la sous-traitons de moins en moins Elle est de plus en
plus intégrée dans le groupe ».

APS : Vous mettez en place deux nouvelles entités distinctes : une
spécialisée « hauts risques » et une dédiée à la distribution ? Quels
sont aujourd’hui les besoins spécifiques de ces marchés ? Quels sont
les atouts, les « plus », de Securitas auprès de ce type d’utilisateurs
finaux ?
Michel Mathieu :
« La division Hauts risques va
travailler d’une manière générale avec les sites industriels de type
sidérurgie, chimie, pétrochimie, et centrales nucléaires. C’est un
marché très particulier et intéressant pour une société comme
Securitas. Ces clients ont une démarche très en avance en matière de
prévention du risque par rapport à d’autres marchés. Les agents y ont
souvent une véritable culture du risque industriel et environnemental,
ils savent le gérer grâce à une réelle politique de gestion des
risques. Pour travailler sur ce marché, il faut être « plongé » dans
cette culture, avoir un encadrement et des agents qui pensent Seveso.
Les premières réactions de nos clients sont positives. Cette structure
va nous permettre de nous concentrer sur les normalisations et
certifications nécessaires pour travailler sur ce marché. Il nous faut
aussi adapter nos services aux particularités de ces sites : savoir
gérer les arrêts de tranches et adapter nos outils techniques à
l’environnement ».

APS : Et la distribution…
Michel Mathieu :
« Là encore,
c’est un marché très particulier. La sécurité y est souvent dans un
état pitoyable. De nombreuses sociétés de sécurité privée travaillant
sur ce marché ont déposé le bilan. Il faut revenir aux fondamentaux :
travailler sur l’éthique des agents et les prix. On ne peut pas
décemment proposer une surveillance efficace en-dessous d’un certain
seuil. C’est pourtant ce que font certains. Entre ceux qui veulent
travailler professionnellement et les autres, la différence de prix
peut atteindre 20 %, et ce pour avoir une prestation de base. Ce n’est
pas sérieux ».

* Dans le cadre du renforcement de la professionnalisation des
métiers de la sécurité, l’Union des Entreprises de Sécurité Privée
(USP), et les 4 organisations syndicales FO, CGC, CFDT, CFTC ont signé
le 1er décembre 2006 l’accord relatif aux qualifications
professionnelles des métiers de la prévention sécurité dit « métiers
repères » inscrivant dans la « Convention Collective Prévention &
Sécurité Privée » les seuils minimum de classification des emplois
repères (coefficients des rémunérations) et, d’autre part, pour chaque
métier repère, les missions et responsabilités générales essentielles
et les formations nécessaires. 17 métiers repères et 8 métiers
spécifiques à la filière aéroportuaire sont retenus à ce jour. <
/p

La nouvelle stratégie de Securitas France

Depuis
le 1er janvier 2008, Securitas a créé deux nouveaux segments : l’un
dédié au secteur de l’industrie à hauts risques et un autre consacré à
la distribution. Il s’agit de deux entités distinctes avec deux
directions nationales et un réseau d’agences spécifiques pour chacune
d’entre elles. La direction nationale du premier, représentée par
Christian Drevet, est située à Aix en Provence. Le segment hauts
risques regroupe 5 agences situées à Rouen, Lyon, Mulhouse, Pau et
Martigues, 120 clients, 1 200 agents. Le chiffre d’affaires 2007 est de
38,9 millions d’euros. La direction nationale du segment distribution,
basée à Lyon, est dirigée par Cyril Gorlier. Le segment distribution
regroupe 7 agences situées à Lille, Lyon, Nantes, Strasbourg,
St-Dizier, Toulouse et Paris, 34 chefs de secteurs, 665 clients, 2 200
agents. Le chiffre d’affaires 2007 est de 54,2 millions d’euros.
Parallèlement à cette spécialisation, la France de Securitas est
découpée en 7 régions : Nord, Ile de France Couronne, Ile de France
Ouest, Est, Centre Atlantique, Centre Est, Grand sud. Ces régions
regroupent 60 agences de surveillance.

> Quelques chiffres : 2 divisions : France Sud et France Nord
-7 régions, 60 agences, 12 000 agents
-2 000 clients
-361,5 millions d’euros de CA en 2007


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